

Cette page est en évolution constante, ici nous construisons une maison vivante en directe ou presque, avec photos, schémas architecturaux, agenda et coût financier du chantier. Mais d’abord : qu’est ce qui me motive ?-
Regardez autour de vous; soit vous habitez en ville et vous êtes cerné de béton, soit vous êtes dans la campagne.
J’aimerais m’adresser a ceux qui ont envie de voir autre chose que des bâtiments autour d’eux ; a ceux qui pensent que de pouvoir s’immerger dans la nature de temps en temps est une nécessité. Une nécessité primordiale, ancestrale, que de pouvoir fouler l’herbe sous nos pieds, d’être confronté a un mur de verdure, ou une immensité bleutée au dessus de nos têtes.
Je vais vous raconter une histoire banale et tragi-comique. C’est une histoire vraie, elle se passe depuis un bon bout de temps, elle se passe en ce moment même. Elle ressemble un peu à l’histoire de l’île paradisiaque devenue piège a touriste. En fait, c’est notre histoire : L’histoire de l’humain et la planète.
Bon c’est un peu long et ça se répète ad infinitum, donc je vais juste vous raconter une toute petite partie, la mienne.
Ça aussi c’est un peu long, et c’est bourré de sexe, drogues et rock n roll. Je vais juste vous dire que nous nous sommes installés dans un ancien corps de ferme en 1970, dans une vallée prés d’un petit village. 30 ans plus tard le petit village a doublé en volume, et la petite vallée, renommée pour sa tranquillité, sa beauté, s’est retrouvée parsemée de nouvelles maisons.
Ça vous rappelle quelque chose ? Sinon, ouvrez les yeux. Dans les années 70 la mode était aux cubes, depuis les années 90 les architectes se sont lâchés, tout est permis : rectangles, zigzags, on s’exprime. Soit ils apparaissent en groupes : des résidences ; soit ce sont des villas isolées. Les propriétaires en sont très fiers, mais pour les autres, ceux qui les regardent de l’extérieur, ce ne sont que des bâtiments, encore d’autres, qui ont poussés dans ce qui était une fois, la nature.
C’est banal, ça se passe comme ça depuis la nuit des temps, l’espèce humaine se multiplie, et a besoin de se loger, soit elle s’installe en ville pour gagner sa vie (avec un zeste de sexe, drogues, et rock n roll), soit, une fois rassasiée, elle s’installe dans un coin tranquille. C’est tragique (ou comique) puisque rien ne change autant un coin tranquille que du monde qui s’y installe.
Bon, ça se passe depuis la nuit des temps, il y a du béton qui coule en ce moment même, et il y a des gens qui naissent, qui voudront, tôt ou tard, avoir une maison. C’est comme ça. Nous sommes en train de remplacer l’herbe, les arbres, la boue, avec du béton. C’est a dire remplacer du vivant par du non-vivant. Non seulement chaque maison veux dire de la vie en moins, mais elle veut aussi dire consommation et gaspillage/pollution en plus. Ce qui est assez grave puisque une nature amoindrie aura plus de mal a nous fournir les matériaux de base (oxygène, minéraux, végétaux etc.) pour assouvir une consommation croissante, et plus de mal a recycler un trop plein d’énergie.
Bientôt, nous serons 10 milliards d’êtres humains sur la planète. Imaginons se qui se passera si nous ne changeons pas nos habitudes. Chaque nouvelle maison morbide (ou traditionnelle) est un clou de plus dans notre cercueil. Réveillons nous ! Comme un fumeur qui s’arrête. Nos habitudes appartiennent au passé elles ne seront peut être pas nos alliées pour un future sain, qui vaudra la peine d’être vécu.
Attendez, je résume, la situation est la suivante :
nous polluons le paysage; notre patrimoine naturel, dont nous sommes si fiers,
et qui nous le rend bien, devient chargé en villas polluantes. La
solution est simple : des maisons qui ne changent pas le paysage et qui
sont autonomes pour leur besoins essentiels (eau, électricité,
chaleur/fraîcheur)
Les maisons souterraines dans l’histoire
Les maisons geo-thermiques existaient avant même l’arrivée de l’humanité : je veux parler des grottes. La grotte était pendant longtemps ce qui se faisait de mieux en abri contre les éléments ; d’abord chez les animaux que l’on connaît bien, comme l’ours, et plus récemment chez nos ancêtres les cro-magnons. Due a l’expansion démographique, nos ancêtres furent forcés de trouver d’autres moyens de s’abriter (toutes les meilleures grottes étant déjà occupées). Ce fut donc l’avènement des abris de fabrication artisanale.
Alors pourquoi plus personne n’ habite dans des grottes ? Il se trouve que ceux qui vivaient dans les grottes souffraient la plupart du temps d’une mauvaise circulation d’air, situation étouffante en hiver à cause de la fumée provenant des feux. Ils avaient aussi une mauvaise isolation : la plupart du temps l’entrée était ’nature’, sans mur et a plus forte raison, sans porte. Très souvent, l’eau qui y ruisselait, très appréciée en été, devenait plutôt malsaine en hiver. Très vite, d’autres formes d’abris ont pris le dessus : les tipis, les yourtes, les cabanes en bois etc. … Certains ont quand même continué a s’abriter sous terre, mais dans des maisons qu’ils creusaient eux mêmes dans la roche, et aménageaient avec des portes et des cheminées ; car ils y trouvaient des qualités imbattables : pour ce qui est de la protection fournie contre les intempéries les plus fortes (ouragans, feux de foret etc..), le fait que ça se chauffe facilement en hiver et que l’on s’y trouve bien au frais durant l’été. Des maisons de maître de ce type existent encore dans les falaises le long de la Loire.

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Habitat
troglodytique, creusé dans la roche, Anjou .

Les fouilles commencent
Nous voilà donc en Automne, les travaux ont commencés pour mettre en place une petite maison (50 metres2) expérimentale, semi enterrée, autonome. Pour rendre le projet encore plus intéressant, je propose de le construire pour moins de €4000. Un habitat fini pour ce prix là, c’est quand même quelque chose, sachant que la maison sera dotée d’un chauffage central et de climatisation intégrée (qui plus est a un coût de fonctionnement de €0 par an ! ), elle sera aussi autonome en eau, et capable de produire de l’eau chaude et de l’électricité sans être reliée au réseau national. Comment vais je faire ? Simplement en prônant, autant que possible, le recyclage et l’utilisation de matériaux fournis gratuitement par le monde qui m’entoure (mes amis, les rejets des industries locales, la foret etc…)
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La j’ai mis quelques semaines a mettre en place des plots de béton, pour supporter une
structure en bois Le 6 Novembre ça commence avec un tractopelle et le soir même on a un trou, une énorme
terrasse et une tranchée pour le puits canadien.


Quelques copains pour poser un plancher sur le toit, et
le soir même c’est prêt pour un traitement de protection pour le bois.


Une couche étanche en plastique, 20 cm de terre par
dessus, et plus qu’a attendre que l’herbe pousse. La maison est déjà presque invisible.


Maintenant, tout reste a faire l’eau, l’électricité, le chauffage, l’intérieur. Il va falloir patienter encore quelques mois, mais déjà on remarque que l’intérieur est lumineuse (un souci avant l’heure) et il y fait frais. Malheureusement je vais sans doute dépasser le budget prévu, je suis déjà a presque €3000 pour le bois, la location des machines et conducteur, les 30 mètres de tuyau de 20cm diam pour le puit provençale, le récupérateur d’eau de 4000 litres, les rouleaux de plastique pour l’étanchéité, le traitement du bois, etc. J’étais pressé , il me fallait un abri pour l’été. Je serais plus économe dorénavant : bois brut coupé dans la foret (murs en treillis de noisetier, mortier en argile), recyclage (habillage en cartons, et tissus de récupe) etc.
Juste 2 définitions avant de vous quitter :
Expérimentale : La maison souterraine moderne est hermétique et le plus souvent
en béton, ceci pour répondre aux spécificités de poids, humidité, et calorifiques (on a beau chauffer une grotte,
la température aura toujours tendance a se stabiliser vers 13 °C) de la terre. Donc il faut entourer la structure d’un
isolant et l’étanchéifier.

Dans un souci de simplicité, je tente de remplacer la styrène (isolation) et le plastique (hydrofuge) par de l’air. Le béton est remplacé par une structure légère en bois et tissus.

Autonome : La plupart des maisons consomment beaucoup d’énergie, et en produisent aussi beaucoup sous la forme de polluants (pollution = énergie non utilisé). Tous les besoins d’une maison autonome sont fournis par son design et non dépendant d’un réseau extérieur (ex. chaleur ou fraîcheur geo thermique ou solaire au lieu d’être EDF dépendant). Tout sa production sera utilisée au lieu de polluer (ex . les eaux enrichis par un passage dans le lave linge iront directement dans un bac a plantation).
Désolé pas trop de neuf a raconter pour le moment, j’ai du me reposer puis refaire le toit qui fuyait, mais pourquoi pas essayer le FORUM, il est tout vierge pour le moment, mais s’il y a des intéressés, qui sait ?